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Daniel Eysseric : « Les catégories nous tirent vers le haut »

Derrière Stéphanie, il y a Daniel Eysseric, producteur du réseau Repair et amoureux du beau produit. Pour lui, les catégories sont un bon moyen d’encourager des productions de qualité.

« Tu vois, celle-là n’a pas été pollinisée », lance Daniel Eysseric, accroupi dans les courgettes. « C’est pour ça qu’elle donne un bout pointu. » L’agriculteur écrase l’extrémité de la cucurbitacée entre ses doigts, puis la repose à terre. Les dernières courgettes de la saison ont été récoltées la veille, mais celles-ci, il les laisse au champ. Il ne les vendra pas, aucun intérêt à ses yeux : le mot d’ordre, dans cette exploitation tranquille de La Foa, c’est la qualité.

« Dès le départ, on a toujours misé là-dessus. On a un logo, les gens sont habitués à du beau produit, donc on veut s’y tenir », explique Daniel Eysseric, qui cultive aussi melons et concombres, six hectares en tout. Cela ne l’empêche pas de travailler avec les catégories pour autant : « Avant, quand j’avais des petits melons, je ne les vendais pas », se souvient-il. « Maintenant, je peux les écouler en catégorie 2 à moitié prix sur Nouméa. Et les catégories 3, je les emmène en transformation chez Soury-Lavergne. » Un cageot par-ci, deux cageots par-là : les catégories 2 et 3 demeurent anecdotiques dans les commandes au quotidien. « Mais quand tu fais le total des ventes en fin d’année, ça te donne une belle leçon ! », sourit le producteur.

Parmi ses clients, Daniel Eysseric compte la SCIE, qui « prend toujours beaucoup de volume », et également des clients « plus petits », sur le marché de Moselle, à Boulari, à Pouembout… Il travaille aussi avec Natura : le grossiste demande que la première catégorie soit livrée en petits cageots, la catégorie 2, en gros cageots. Pas vraiment pesant, niveau logistique ; de toute façon, le jeu en vaut la chandelle.

« Pour moi, les catégories sont un moyen de tirer tout le monde vers le haut », confie Daniel Eysseric, qui marche maintenant au milieu des melons, tout juste mis en terre. « Ça fait quelques années déjà que je remarque qu’il y a de plus en plus de beaux produits en Nouvelle-Calédonie, et j’en suis ravi. Malheureusement, il y a également encore des mauvais produits. Les catégories sont donc un bon point de référence. Si on est de plus en plus nombreux à faire de la qualité, ça va peut-être amener ceux qui ne travaillent pas très bien aujourd’hui à travailler un peu mieux à l’avenir. » Le producteur laisse rouler ses yeux sur un jeune plant, puis un autre, puis embrasse du regard la terre qui verra pousser ses fruits pendant de longues semaines. « Et bon, finit-il par glisser, ça fait quand même plaisir d’avoir de beaux produits. »

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