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Limiter les pertes pour Wake Chaa

Plus de revenus, moins de pertes, sans oublier la qualité : la production de l’Est change de visage depuis l’adoption des catégories par l’association Wake Chaa.

Ulda est perplexe : « C’est trop jeune, ça, non ? », demande cette mère de famille de Canala, une chouchoute en main. Gabriella Wabealo, animatrice de l’association Wake Chaa, jette un œil au légume, puis l’envoie en cageot : « C’est bon ! Il faut simplement qu’elles soient grosses et sans piquants », explique l’animatrice, qui agite maintenant une chouchoute terreuse : « Ça, par contre, il faut la laver avant. »

Ulda a oublié, mais la prochaine fois, elle y pensera. Au fil des récoltes, le tri des fruits et légumes s’inscrit doucement dans les habitudes des producteurs de l’Est. Pour eux, trier signifie moins de pertes, donc plus de bénéfices. Et dans ce changement, Wake Chaa y est pour beaucoup.

Porte-parole des producteurs de l’Est, l’association veut valoriser leur production et assurer un juste revenu. Ils sont trois cent soixante-seize à lui faire confiance, dont trois cent soixante-neuf uniquement sur Canala. Ils déposent leurs produits à l’association, qui les achète directement, ou guettent le passage de Freddy, qui récupère les récoltes à domicile.

« Il s’agit principalement de la petite agriculture familiale et des produits issus de la cueillette, comme la papaye et la chouchoute. Avec la banane, l’igname et la citrouille, ce sont les produits les plus récoltés », précise Gabriella Wabealo, signant le chèque pour les chouchoutes d’Ulda. Demain, comme chaque mercredi, les caisses partiront pour Nouméa, sur les étals et dans les marmites des restaurateurs, ou plus proche, à l’atelier de transformation de l’association. En 2017, quinze millions de francs ont ainsi été reversés aux producteurs de Canala.

Mais la même année, l’association enregistrait aussi des pertes, beaucoup trop de pertes. « Surtout dues au mauvais tri et au conditionnement », regrette Gabriella Wabealo. C’est à ce moment que l’idée d’une catégorisation germe, et depuis l’hiver passé, Wake Chaa achète aux producteurs du coin ananas tâché, avocat légèrement piqué et autre banane trop mûre en catégorie 2. « Et puis on a vu que l’IFEL développait aussi les catégories », se souvient l’animatrice. « On s’est dit : autant travailler tous ensemble. »

Wake Chaa décide de reprendre les critères IFEL sur douze fruits et légumes. Les producteurs du réseau adoptent petit à petit la nouvelle catégorisation, notamment encouragés par Freddy, qui vérifie systématiquement les tris lors de ses tournées. « Certains oublient de trier, précise Freddy dans un sourire, alors je le fais. Autrement, les gens font bien les catégories. Pour eux, cela permet d’avoir plus d’argent. » Wake Chaa achète par exemple 250 francs le kilo de bananes en catégorie 1 et 100 francs le kilo pour la catégorie 2. « Face à ces prix, le producteur est motivé pour produire mieux », note Gabriella Wabealo. Et au final, c’est toute la production qui gagne en qualité.

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