actualités

Cyclone Cook: le temps des aides

Cultures inondées, serres arrachées, arbres fruitiers à terre : du Nord au Sud, le même spectacle de désolation. Ce lundi 10 avril, le cyclone tropical Cook a traversé la Grande Terre laissant dans son sillage des dégâts considérables et des agriculteurs découragés. Le gouvernement met en œuvre un plan de soutien aux communes et aux agriculteurs impactés.

« Je suis découragé », lâche Michel Colomina, agriculteur à Téné, propriétaire de l’entreprise, Le paysan bouraillais. Depuis 2010, j’ai opté pour la culture hors-sol sous serre. Mes plantes poussent sur un substrat à base de fibre de coco et mes 6 serres ont coûté un peu plus de 15 millions de francs. Mais lundi dernier, les bâches de ces dernières ont été détruites  par le cyclone Cook. Et j’ai perdu la totalité de mes 600 mètres carrés de poivrons et de mes 300 mètres carrés de concombres ainsi qu’une grande partie de mes salades. »

« Il va falloir, une fois de plus tout recommencer, enchaine Arnaud Bloc, agriculteur et éleveur bio à Boulouparis, qui a perdu 700 poulets fermiers.

« J’ai perdu plus de 50% de ma récolte, souligne Jean-Baptiste Marchand, gérant d’une culture sous serre à La Tamoa. Ce qui représente une perte de 30 à 40 millions de francs, 2 mois de travaux et 4 mois  de remise en production ».

10 jours après le passage du cyclone Cook, l’heure est à l’évaluation des dégâts et la mise en œuvre des aides. Les représentants des provinces et du gouvernement se sont rendus sur le terrain, dès la levée de l’alerte 2, pour constater de visu les dommages.

Inondation Bourail

« On a vu des gens très abattus, qui ont tout perdu, et qui étaient contents de nous voir, ne serait-ce que pour le soutien moral », témoigne Nicolas Metzdorf, président de l’Apican. Les dégâts sont énormes. Surtout la production fruitière, les vergers, notamment les bananes, et la production sous serre, salades, tomates, concombres, poivrons… »

« Si le pire a été évité en province Sud puisque nous n’avons ni morts ni blessés à déplorer, déclare Philippe Michel, il n’en reste pas moins que les dégâts sont importants, aussi bien sur les habitations que sur les exploitations agricoles et les infrastructures ».

« Cette catastrophe intervient au moment où les premières productions allaient être récoltées », précise l’Ifel NC, l’interprofession des fruits et légumes, qui rassemble la filière de la production à la consommation. Une situation qui, à court terme, pourra être compensée par les importations. Mais en mai-juin, lors de la principale période de récolte, il faut également s’attendre à des volumes locaux affaiblis. »

Un plan pour accélérer les  indemnisations 

 « Habituellement, le gouvernement intervient au terme d’un chiffrage complexe pouvant prendre plusieurs semaines, souligne le président du gouvernement, Philippe Germain. Mais nous allons prendre un arrêté pour donner les moyens à nos services de dégager des fonds le plus vite possible ». C’est ainsi que le gouvernement, en concertation avec les provinces, a arrêté un plan de soutien aux communes et aux agriculteurs impactés par le cyclone Cook. Ce plan, qui vise à accélérer les indemnisations, articule une aide exceptionnelle aux communes, pour faire face aux travaux de remise en état, et des aides exceptionnelles aux agriculteurs, pour leur permettre de relancer le plus rapidement possible les cycles de production agricole.

Aide exceptionnelle aux communes : 115 millions de francs répartis immédiatement entre 23 municipalités

Une subvention exceptionnelle de 5 millions de francs va être versée à chacune des 23 communes de la Nouvelle-Calédonie impactées ou sinistrées par le passage du cyclone tropical Cook, pour contribuer à une remise en état de leurs réseaux et équipements publics. Au total 115 millions de francs seront répartis entre les communes.

Cette intervention du gouvernement pourra être complétée par des aides, en cours d’ajustement, et un concours exceptionnel de l’État. Le président du gouvernement a rencontré le haut -commissaire pour que l’état de catastrophes naturelles soit reconnu, et que les fonds d’extrême urgence et de secours puissent être mobilisés.

Aides exceptionnelles aux agriculteurs

Une délégation du gouvernement conduite par le président Philippe Germain, composée de représentants de l’Apican et de la Davar, s’est rendue jeudi 13 avril dans sept exploitations de la province Sud (Païta, La Foa, Farino, Moindou, Bourail) dévastées par le cyclone Cook. Les conclusions de cette visite de terrain montrent que les dégâts concernent essentiellement la filière des fruits et légumes, notamment la production fruitière – les vergers et les bananiers – et la production sous serre (salades, tomates, concombres, poivrons). Les élevages ont également enregistré des dégâts sur les enclos et barrières.

Les exploitants touchés par le cyclone Cook – assurés ou non – doivent adresser à l’Apican, qui centralise les demandes, leur déclaration de sinistre avant le 21 avril. Pour ce faire, ils peuvent bénéficier d’une aide administrative des services provinciaux ou de la Chambre d’agriculture. L’Apican adoptera ensuite les dispositifs d’indemnisation pour les agriculteurs et éleveurs assurés à la Cama.

Dans le cadre du plan de soutien adopté aujourd’hui, quatre mesures sont prises :

  1. la Cama versera une avance aux sinistrés de 25 % du capital souscrit

Afin de soutenir la relance de la production agricole, sans attendre les deux ou trois mois habituellement nécessaires au chiffrage complexe des sinistres puis au paiement des indemnisations, le gouvernement reconnait dès aujourd’hui par arrêté le caractère de calamité agricole aux dommages provoqués par le cyclone Cook et ouvre sans délai la procédure d’instruction des demandes d’indemnisation. Il autorise exceptionnellement le versement d’un acompte aux agriculteurs sociétaires de la Caisse d’assurances mutuelles agricoles (Cama), après dépôt d’une déclaration de sinistre, d’un montant correspondant à 25% du capital souscrit auprès de la Caisse.

  1. L’Apican au soutien de l’emploi agricole

Le conseil d’administration de l’Apican s’est réuni en séance extraordinaire le mercredi 19 avril. Afin de soutenir les agriculteurs sinistrés, une aide à l’emploi de 50% d’un salaire plafonné à 75 000 francs / mois par ouvrier, dans la limite de 4 mois, et de 5 ouvriers par exploitation (soit 1,5 million de francs / exploitation) va être proposée. Le secteur agricole comptabilise 900 salariés à plein temps, déclarés à la CAFAT.

  1. L’État en soutien des cultures vivrières

Des discussions sont en cours avec l’État pour une intervention en faveur de l’agriculture vivrière, essentiellement en brousse, via l’Apican.

  1. Importations de fruits et légumes

Le cyclone Cook a ravagé les plantations au moment où les premières productions allaient être récoltées. L’Ifel, l’Interprofession fruits et légumes de Nouvelle-Calédonie créée en novembre 2015, qui rassemble les professionnels de la filière, annonce qu’à court terme, les réductions de productions locales seront compensées par des produits importés, et s’attache à tout mettre en oeuvre pour approvisionner le marché pour les mois à venir.

Tags
Afficher plus

Articles similaires

Fermer
Fermer